Avortement : mon corps, mon choix.

En France, l’avortement (ou IVG : Interruption Volontaire de Grossesse) est légal depuis 1975 grâce à la loi Veil. Le 25 mai 2018, c’est l’Irlande qui l’a légalisé à la suite d’un référendum. Cependant, de nombreuses femmes du monde entier n’ont toujours pas le privilège de disposer de leur corps comme elles le souhaitent. Quelques pays autorisent l’avortement selon des critères très restrictifs comme en cas de viol, d’inceste ou lors de malformations du fœtus. Dans la majorité des pays qui l’interdisent, les femmes risquent l’emprisonnement à vie si elles tentent d’avorter. Dans la majorité des cas, les femmes doivent avorter clandestinement, au péril de leur vie. Pour quelles raisons une femme a-t-elle recourt à l’IVG ? Pourquoi est-elle jugée sur un choix qui lui appartient ? Quel rôle joue l’Église catholique sur le droit à l’avortement ? Retour sur des siècles de contrôle du corps des femmes.

L’avortement est mon droit

Physiquement et psychologiquement, un avortement est toujours une épreuve. Ce n’est pas pour rien que les femmes qui décident d’avorter sont suivies psychologiquement avant et après l’avortement. Au-delà du choix, la procédure en elle-même est éprouvante.

Aujourd’hui en France, l’avortement est légalisé et il est aussi pris en charge à 100% par la sécurité sociale. Ainsi, toutes femmes, de tous âges, conditions sociales et milieux confondus peuvent y avoir accès. En théorie. Oui car dans la pratique, la pression sociale ou familiale peut dissuader une femme d’avorter. Ou encore, certains gynécologues refusent d’en pratiquer.

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Les principales situations qui poussent une femme à avorter : elle est tombée enceinte à la suite d’un viol, le fœtus à une malformation grave qui peut entraîner sa mort à la naissance, la grossesse met en danger sa santé, elle n’a pas les moyens financiers de subvenir aux besoins d’un futur enfant ou elle n’est pas prête à l’accueillir dans sa vie pour le moment, elle ne souhaite pas être mère, etc. Je pourrais continuer cette liste pendant longtemps car il y a mille raisons qui amènent une femme à avorter. Si elle le fait, c’est un choix qu’elle n’a pas à justifier. C’est un choix strictement personnel qui n’appartient à personne d’autre qu’à la première concernée.

L’avortement est illégal dans plus de 40 pays du monde

L’avortement est toujours tabou aujourd’hui, même dans les pays où il est légalisé. Les femmes qui y ont recours ne le disent pas toujours, de peur d’être jugées et critiquées. Et c’est d’ailleurs très souvent le cas. Aux yeux de ceux qui se déclarent comme « anti-ivg », l’avortement est une solution de « confort » et profondément égoïste. Pourtant, un avortement n’est jamais ni confortable, ni un choix facile à prendre. Par ailleurs, l’avortement n’est pas sans risque lorsqu’il est effectué dans un pays où il est illégal. Au Salvador, par exemple, les femmes encourent 30 ans de prison si elles avortent. Aujourd’hui, c’est plus de 40 pays qui interdisent encore l’avortement, ce qui contraint certaines femmes à y avoir recours clandestinement. Les conditions dans lesquelles sont réalisées ces avortements sont précaires, moyenâgeuses et dangereuses. Certaines y laissent leur vie. Chaque année, il y a environ 45 000 femmes qui décèdent des suites d’un avortement clandestin. Selon l’OMS, les avortements clandestins représenteraient 49% des avortements dans le monde.

Fiabilité et accès à la contraception

Dans les pays où l’avortement est légalisé, certains trouvent encore l’occasion de critiquer celles qui y ont recours. Les critiques les plus vives concernent la potentielle absence de contraception et l’irresponsabilité des femmes. Qu’en est-il de la responsabilité des hommes vis-à-vis de la contraception ? De plus, il me semble important de rappeler que la contraception, peu importe celle que vous choisissez, n’est jamais fiable à 100%. Il est totalement possible de tomber enceinte tout en ayant un moyen de contraception fiable. Même si c’est plutôt rare, c’est tout à fait possible.

Par ailleurs, dans les pays où l’avortement est interdit, la contraception est souvent inaccessible. Cela touche majoritairement les populations pauvres. En effet, la plupart des pays de l’hémisphère sud n’autorisent pas l’avortement mais la population n’a pas non plus accès à une contraception, ni même parfois, à toute forme d’information sur le sujet. Ce qui est plutôt paradoxal puisque la contraception empêche la majorité des grossesses et donc par extension, l’avortement. L’accès à la contraception pour tous est donc un enjeu mondial, pas seulement pour éviter les grossesses non désirées mais également pour éviter la transmission des maladies sexuellement transmissibles.

La difficulté d’accès à la contraception n’émane pas seulement de la pauvreté mais aussi du tabou que sont les relations sexuelles dans certaines familles, et notamment celles avant le mariage dans diverses religions. La désinformation engendre des problèmes et des situations compliquées.

L’Église catholique et l’avortement

Récemment, l’Irlande a voté pour le droit à l’avortement pour toutes. C’est un pays où l’Église catholique a énormément d’influence sur la population. En effet, 80% des habitants se déclarent catholiques. Néanmoins, ces dernières années, l’Eglise a perdu un peu de son d’influence sur la population, notamment à cause de divers scandales comme celui de la pédophilie dans l’Eglise. Ainsi, un vote en faveur de l’avortement a pu voir le jour en 2018, après des siècles de combats. Les prises de positions de l’Église sont très virulentes en ce qui concerne l’avortement. Elle qualifie notamment ce dernier de « meurtre ». Je rappelle qu’aux délais autorisés pour pouvoir avorter, il n’a jamais été prouvé que l’ovule fécondé ait une conscience. Il n’est pas considéré comme un « enfant » mais encore comme un embryon. Il y a une certaine hypocrisie des anti-ivg. Il n’y a rien de plus courageux et d’altruiste que de refuser de mettre au monde un enfant à qui on ne peut pas offrir les meilleures conditions de vie, quelles soient matérielles ou émotionnelles. Rien ni personne n’a a donné son avis ni même à imposer sa vision des choses à une femme qui fait ce choix.

L’injonction à la maternité

A travers l’interdiction de l’avortement à travers le monde, il y a un désir de contrôler le corps des femmes et leur désir de maternité. Une femme qui a accès à la contraception et à l’avortement sans se mettre en danger est une femme qui décide si elle veut des enfants et à quel moment. C’est une femme qui est libre de son corps et de sa vie. C’est une femme qui fait peur. Parce que les femmes qui ne veulent pas d’enfants font peur, attisent la méfiance et sont extrêmement mal considérées dans notre société. L’injonction à la maternité, c’est considérer que le rôle des femmes est de procréer. C’est également propager l’idée que la maternité est le facteur d’épanouissement ultime des femmes et que celles qui y renoncent ont un problème, sont égoïstes et ne sont pas dignes d’être respectées.

A retenir

Parfois, une vidéo vaut plus que des mots.

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