Connaissez-vous vraiment le féminisme ?

Aujourd’hui, être féministe a une connotation assez négative. Une femme féministe est rapidement catégorisée comme souhaitant la supérioté des femmes sur les hommes ou encore comme quelqu’un qui déteste ces derniers. Cette idée reçue est largement partagée, majoritairement par des hommes, bien que certaines femmes ne souhaitent pas être associées au mouvement. L’image qu’on les féministes dans les consciences collectives est si mauvaise que certaines femmes refusent de s’identifier comme telles, de peur d’être catégorisée, mise de côté ou critiquer. Le féminisme est-il un gros mot ? Un mouvement qui met la femme sur un piédestal au détriment de l’homme ? Le féminisme fait beaucoup réagir et peut animer à lui seul un dîner de famille. Noyé sous une avalanche d’informations, à la radio, à la télévision, dans les journaux ou encore sur internet, comment s’y retrouver pour comprendre ce qu’est réellement le féminisme ? Êtes-vous sûr de vraiment en connaître le sens ?

/ ! \ Le mot féminisme est beaucoup, beaucoup, beaucoup écrit au cours de cet article, ne prenez pas peur et continuez la lecture si vous voulez en savoir plus.

Deux minutes d’histoire pour mieux comprendre le féminisme

Commençons par le commencement. Le premier grand mouvement féministe naît au début du XIXème siècle, en réaction à l’assignation des femmes au foyer. Cette décision survient après la Révolution et figure dans le Code civil de Napoléon de 1804 : « Les personnes privées de droits juridiques sont les mineures, les femmes mariées et les débiles mentaux ». Les femmes sont donc exclues de la citoyenneté : leur place est à la maison. Le combat de l’époque, dont Olympe de Gouges est la pionnière dès le XVIIIème siècle, est surtout concentré sur le droit de vote, le droit à l’éducation et l’accès à l’égalité dans la sphère publique.
A partir des années 60, un nouvel aspect du féminisme émerge : on ne parle plus d’émancipation des femmes mais de libération des femmes. Il englobe ainsi tous les aspects de la vie et notamment la sphère « privée ».

Vers un féminisme intersectionnel ?

Le féminisme, c’est d’abord un ensemble de féministes, peu importe d’où elles viennent et qui elles sont. Ensuite, c’est reconnaître qu’il existe une dévalorisation sociale, politique, économique et symbolique des femmes, au sein d’un système où le masculin est supérieur et universel, que l’on appelle plus communément le patriarcat. Depuis quelques années, la notion de féminisme intersectionnel émerge. Ce terme prend en compte la situation des personnes subissant une ou plusieurs formes de domination. Ainsi, cela permet de mettre en lumière les conditions des femmes et de ceux qui subissent d’autres oppressions en plus du patriarcat (racisme, homophobie, transphobie, etc). Le féminisme intersectionnel est nécessaire aujourd’hui car il existe une diversité de femmes et de personnes issues d’une minorité, qui ne vivent pas tous les mêmes discriminations. Par exemple, les femmes blanches et les femmes racisées ne font pas face aux mêmes discriminations/problèmes au sein de la société.

Pour définir ce qu’est le féminisme, rapidement et clairement, j’ai pris appuis sur l’ouvrage Le féminisme d’Anne-Charlotte Husson et de Thomas Mathieu qui l’explique très bien.
Le Féminisme par Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu

Être féministe, c’est quoi ?

Certains voient les féministes comme des femmes qui détestent tous les hommes sur terre. Cette vision est tout à fait moyenâgeuse quand on sait que le féminisme ne prône pas la supériorité de la femme sur l’homme mais la parité entre les deux sexes, sur le plan politique, économique, social, juridique, culturel et personnel ainsi que la fin de l’oppression masculine (donc du patriarcat).
D’ailleurs, le mouvement n’est pas exclusivement réservé aux femmes. Comme énoncé plus haut, il s’agit de combattre ces inégalités. Les hommes sont donc les bienvenus, abolir le patriarcat et ses conséquences ont finalement un intérêt commun et mutuel. Les hommes peuvent être des alliés du féminisme, au côté des féministes.

Être féministe c’est vouloir être payée autant que son associé pour le même poste (quand on sait que l’écart salarial moyen en France est de 26%),
c’est briser le plafond de verre,
c’est combattre les discriminations au travail lors d’une grossesse,
c’est refuser le harcèlement de rue (sifflements, insultes, agressions physiques ou sexuelles),
c’est avoir autant de chances qu’un homme d’accéder à un poste à haute responsabilité,
c’est ne plus avoir à supporter les remarques et commentaires sexistes de ces collègues au travail,
c’est ne plus être placée en position de coupable lors d’un viol mais bel et bien en victime d’agression sexuelle,
c’est pouvoir faire entendre sa voix en politique en toute liberté, etc.
La liste est évidemment non-exhaustive, il existe beaucoup d’autres combats que je n’ai pas cité mais qui sont défendus au sein du féminisme, dans l’espoir de changer les mentalités et d’améliorer les conditions des femmes au sein de la société.

Simone de Beauvoir

 N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.

5 commentaires

  1. monkeyjukebox a dit :

    Très intéressant, je me suis rendu compte que ma manière de penser était assez proche du féminisme. Ceci sans réellement en savoir la signification. Très instructif.

    1. Camille a dit :

      Merci pour ton commentaire !

  2. Alberto_xD a dit :

    Un article complet et intéressant qui permet de se donner une bonne idée de ce mouvement. Je suis assez d’accord avec monkeyjukebox, c’est plutôt rassurant de voir que notre manière de pensée est partagée et que certaines personnes se sont vraiment bougées pour leurs droits. Aussi je pense qu’il est bon d’avoir pensé l’associer à quelque chose de plus général en termes d’égalité, ça appuie le fait que le féminisme ne soit pas réservé aux femmes … Tout comme l’égalité ne soit pas réservée aux hommes … Bref ! Très instructif merci pour ces clarifications / ce partage d’informations, ( et dans un bon français ça fait du bien) !

    1. Camille a dit :

      Merci beaucoup! C’était important de rappeler qu’aussi bien les femmes que les hommes peuvent défendre ce droit. Contente d’avoir pu rétablir quelques points essentiels!

  3. Camille a dit :

    Merci, c’est exactement ce que j’ai voulu montrer au travers de cet article et je suis contente que le message soit bien passé ! Le féminisme n’est pas un gros mot.

Cet article te fait réagir ? Dis moi tout !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :