A six ans, on t’a murmuré à l’oreille « Dis bonjour et fais un bisou », tu te souviens ? Tu n’en avais pas envie parce que tu ne connaissais pas vraiment cette personne mais sous couvert de politesse, tu t’es exécutée. Et si pour certains, cette phrase et cette action semble anodine, cela témoigne d’une réelle méconnaissance du consentement. Pourtant, le consentement, c’est la base de toutes les relations humaines. Il est synonyme d’accord mutuel et de respect de l’autre. Que tu aies six, dix-huit ou quarante ans, que tu sois en couple ou marié/e, ton corps n’appartient qu’à toi et à toi seul/e. Personne ne peut te forcer à quoi que ce soit. Voici tout ce que tu as à savoir sur le consentement.

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Apprendre dès le plus jeune âge

Comme on apprend à compter et à lire, il me semble important d’apprendre le consentement dès le plus jeune âge. Dès la crèche, les professionnels de la petite l’enfance apprennent aux enfants que leur corps appartient à leur intimité et que personne n’a le droit d’y toucher sans leur accord/consentement. Cela vaut dans le cadre d’une relation enfant-enfant mais également adulte-enfant. Le fait d’être un adulte ou un parent ne donne pas tous les droits sur le corps de l’enfant. Par ailleurs, l’environnement des enfants s’adapte aussi à cette intimité. Par exemple, dans les toilettes communes des crèches, des portiques de séparation sont installés entre chaque toilette pour préserver l’intimité des enfants. Le consentement passe aussi par le fait de ne pas forcer un enfant à faire un bisou à la boulangère, à l’ami de l’ami du cousin, à la tante ou à toute autre personne s’il n’en a pas envie, peut importe son statut familial. Un bonjour n’est pas toujours synonyme d’un bisou et l’absence d’un bisou n’est pas non plus synonyme d’impolitesse. Si l’on apprend aux enfants à prendre conscience de leur corps et à le respecter, ils feront de même avec les corps des autres.

Communiquer en pleine conscience

Le consentement suppose de poser la question, de verbaliser une action destinée à être entreprise, donc en gros, de communiquer. Communiquer, c’est essentiel au sein d’une relation, quelle que soit sa nature : amicale, cordiale, amoureuse et j’en passe. Cependant, être à l’écoute, est tout aussi important. Communiquer dans le seul but d’être entendu sans se soucier de la réponse en face n’a aucun intérêt. Un monologue, sauf si tu fais du théâtre, n’est pas le bienvenu dans un échange. Dans le contexte où tu souhaites entreprendre une action qui va impacter la personne en face de toi et potentiellement abolir la frontière entre son corps et le tien, cela nécessite de verbaliser et de poser la question pour s’assurer de son consentement. Être l’ami ou le partenaire ne te donne pas plus de droits. Le corps de l’autre ne t’es pas dû.

Le consentement dans les relations sexuelles

Quand on parle de consentement et de corps, inévitablement, la question s’ouvre sur le sexe. Que tu sois en couple ou non, la seule solution pour savoir si la personne est consentante à telle ou telle pratique, c’est en posant la question. Petit rappel que l’absence de réponse n’est pas un oui, c’est un non. Et que non, c’est non. Tu as aussi tout à fait le droit de dire non même après avoir dit oui 10 minutes avant. Si l’on essaye de te faire culpabiliser à la suite de cette décision, fui car c’est statistiquement prouvé qu’il s’agit d’un connard pour qui ton consentement n’a aucune importance. Encore une fois, ton corps t’appartient et te ne dois rien à personne.

consentement

Le consentement au sein d’un couple

Faire l’amour implique le consentement de toutes les personnes présentes, le fait d’être marié ou en couple depuis 20 ans ne te permet pas d’exiger quoi que ce soit qui ne soit pas consenti par l’autre. Sinon, c’est du viol. Et dans un couple, on appelle ça un viol conjugal. Cette notion est encore très taboue mais pourtant bien réelle. « Le devoir conjugal », dans le cadre d’un couple hétérosexuel, insinue que la femme, se doit de répondre aux désirs et envies de son compagnon, parce que cela fait partie de son rôle de « bonne épouse ». Lorsqu’une relation sexuelle n’est pas consentie au sein d’un couple/mariage, il s’agit d’un viol conjugal. Beaucoup de femmes ont déjà eu recourt à toutes sortes d’excuses et de prétextes lorsqu’elles n’avaient pas envie d’avoir une relation sexuelle avec leur partenaire. Pourquoi un « j’ai mal à la tête » est mieux accepté qu’un « je n’ai tout simplement pas envie » ? Une femme qui n’a pas envie d’avoir des relations sexuelles ne devraient pas avoir à se justifier, à se forcer ni même à s’excuser. Chaque partenaire devrait comprendre cela. Le contrôle du corps des femmes jusque dans le couple …

SexEducation
Tiré du « Petit manuel SexEducation » de Charlotte Abramow

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